Sur l'humilité - 1

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Sur l'humilité

Saint Silouane l'Athonite

C’est un grand bien que d’apprendre l’humilité du Christ. Elle rend la vie facile et heureuse, et tout devient doux pour le cœur. Ce n’est qu’aux humbles que le Seigneur se révèle par le Saint-Esprit, mais si nous ne nous humilions pas, nous ne verrons pas Dieu. L’humilité est la lumière dans laquelle nous pouvons voir la Lumière – Dieu – comme le chante l’Église :  « Dans ta lumière nous verrons la Lumière. »

Le Seigneur m’a enseigné à tenir mon esprit en enfer et à ne pas désespérer, et c’est ainsi que mon âme apprend l’humilité. Ce n’est pas encore la véritable humilité, mais celle-ci ne peut être décrite. Lorsque l’âme s’approche du Seigneur, elle est dans la crainte ; mais lorsqu’elle voit le Seigneur, elle jouit ineffablement de la beauté de sa Gloire. L’amour de Dieu et la douceur du Saint-Esprit lui font complètement oublier la terre. Tel est le Paradis du Seigneur. Tous les hommes demeureront dans l’amour, et grâce à leur humilité semblable à celle du Christ, tous seront heureux de voir les autres plus élevés qu’eux-mêmes. L’humilité du Christ habite dans les plus petits : ils sont heureux d’être les plus petits. C’est ce que le Seigneur m’a révélé.

 

Oh ! priez pour moi, tous les Saints, pour que mon âme apprenne l’humilité du Christ ; mon âme a soif d’elle mais ne peut l’atteindre, et je la cherche en pleurant comme un petit enfant qui a perdu sa mère.

« Ou` es-Tu, mon Seigneur ? Tu t’es caché de mon âme, et je Te cherche avec des larmes.

« Seigneur, donne-moi la force de m’humilier devant ta grandeur.

« Seigneur, à Toi appartient la Gloire dans les Cieux et sur la terre ; mais à moi, à ta fragile créature, donne ton humble Esprit Saint.

« J’implore ta bonté, Seigneur, jette un regard sur moi du haut de ta Gloire et donne-moi la force de Te louer jour et nuit, car mon âme T’a aimé par le Saint-Esprit. Je languis après Toi et je Te cherche avec des larmes.

« Seigneur, donne-nous le Saint-Esprit ; par Lui nous Te glorifierons jour et nuit, car, si notre chair est faible, ton Esprit est vivant et Il donne à l’âme la force de Te servir avec empressement. Il affermit notre esprit dans ton amour, l’apaise en Toi par un repos parfait, et déjà il ne veut plus penser qu’à ton amour.

« Seigneur, mon esprit sans force ne peut parvenir à Toi ; aussi, comme le roi Abgar 28, je T’appelle : ‘‘Viens et guéris-moi des blessures de mes pensées mauvaises, et je Te louerai jour et nuit. Je T’annoncerai aux hommes pour que toutes les nations sachent que Toi, Seigneur, Tu accomplis des miracles comme autrefois, que Tu pardonnes les péchés, que Tu sanctifies et donnes la vie.’’ »

Extrait de "Staretz Silouane", chapitre III, page 290. Editions Presence /Cerf